dhammapada reflections - français


Les vers utilisés dans ces Réflexions mensuelles sont pris de, A Dhammapada for Contemplation (5ème édition), Publications Aruna (2017). Pour des interprétations plus littérales, veuillez consulter d’autres traductions.


PLEINE LUNE - Pas facile - Vendredi 2 Octobre 2020

La vie n’est pas facile pour ceux
qui ont le sens de la honte,
qui sont modestes,
purs mentalement et détachés,
moralement intègres et sensés.

Dhammapada v. 245

Si nous lisons ce vers de Bouddha et sentons un soulagement, c’est peut-être parce que nous avons momentanément laissé tomber (lâché ?) l’idée que nous devrions nous sentir toujours relaxés et heureux. En terme de Dhamma, nous nous sentirons complètement relaxés et heureux seulement lorsque nous au-rons fini notre travail en ayant abandonné toutes nos habitudes d’attachement. Lorsque nous regardons le monde et voyons comment se conduisent parfois les êtres humains, il est approprié de nous sentir tristes. Il est probable que notre sensibilité naturelle réponde à ce manque évident d’intégrité, modestie et discernement avec un sentiment de déception: il est certain que nous sommes capables de faire mieux que cela. Se sentir triste sans se perdre dans la tristesse c’est comme se réchauffer auprès du feu sans être brûlé par le feu. Nous ne serons pas capables de sentir de la compassion si nous ne pouvons pas sentir de la tristesse.

En vous souhaitant le meilleur,
Ajahn Munindo


PLEINE LUNE - Un coeur unifié - Mercredi 2 Septembre 2020

A travers tant de vies j’ai erré,
cherchant, mais ne trouvant pas,
le maçon qui causait ma souffrance.
Mais maintenant tu es repéré
et tu ne construiras plus.
Tes chevrons sont délogés
et la panne faîtière est cassée.
Toute soif de désir est terminée
mon coeur ne fait qu’un avec l’inconditionné.

Dhammapada v. 153-4

Qui est le maçon dont le Bouddha dit qu’il est responsable de sa souffrance ? C’est l’inconscience, la source de toutes nos habitudes de distraction: toutes les histoires que nous continuons à nous raconter et les fantasmes que nous avons appris à ne pas questionner. Il est à noter que le Bouddha n’a pas dit que celui qui causait la souffrance a été éliminé; il a simplement dit, 'Tu as été vu !' Voir était suffisant pour mettre fin aux causes de la souffrance. Nous serions avisés de suivre son exemple et apprendre à juste 'voir', ce par quoi il veut dire comprendre, le processus par lequel l’attachement cause la souffrance. Nous avons besoin d’entraîner notre attention et de nous rappeler que toutes les expériences surgissent et cessent dans un champ de conscience sans existence d’un soi séparé. Cette conscience sans “Je” ni “moi”, qui connaît seulement, est notre refuge dans le Bouddha.

En vous souhaitant le meilleur,
Ajahn Munindo


PLEINE LUNE - Conséquences - Mardi 4 Août 2020

Même ceux qui font du mal
peuvent ressentir le bien-être
tant que leurs actions
n’ont pas encore porté leurs fruits.
Cependant, quand les résultats
de leurs actions murissent,
les douloureuses conséquences
ne peuvent être évitées.

Dhammapada v. 119

Nous aimerions penser que nous pouvons nous en sortir en toute impunité lorsque nous faisons quelque chose de mal, tant que personne d'autre ne le sait. Toutefois nous le savons; et nous savons que nous le savons. Nous devons vivre avec nous-mêmes chaque jour et chaque nuit pour le restant de nos vies. Nous devons être prêts à nous souvenir de chaque action intentionnelle que nous ayions accomplie. Une fois que nous comprenons ceci, alors peut être nous rendons nous compte que la manière sage d’approcher la vie est d’essayer de ne faire que les choses dont nous souhaitons nous souvenir. Si nous avons déjà accumulé des souvenirs qui engendrent des regrets, voyez le regret et le remord comme partie intégrante de la guérison. Une telle souffrance est un message, et elle nous invite à la regarder, à la recevoir, pour qu’elle puisse nous apprendre à être plus prudents à l’avenir."

En vous souhaitant le meilleur,
Ajahn Munindo


PLEINE LUNE - Regardant Le Monde - Dimanche 5 Juillet 2020

Venez, regardez ce monde.
Voyez-le comme un carrosse festif orné.
Voyez comme les sots sont fascinés par leurs visions,
alors que pour les sages il n’y a pas d’attachement.

Dhammapada v. 171

Le Bouddha nous encourage à regarder le monde dans lequel nous vivons et ne pas être dupés par celui-ci ; à voir au-delà de sa simple apparence. Lorsqu’on considère les nombreux défis auxquels nous devons faire face, il est sage de prêter attention non seulement au niveau apparent superficiel, mais aussi à notre manière de voir les choses. Une photographie d’une plage ensoleillée avec du sable blanc et des palmiers est évidemment attrayante, mais peut-être ne devrions-nous pas oublier les moustiques et les méduses. Aussi longtemps que notre conscience n’est pas entraînée, nos perceptions seront quelque peu biaisées ; nous avons tendance à voir seulement ce que nous voulons voir et pas ce qui est vraiment. Et souvenons-nous, il y a une différence entre tenir délicatement et s’accrocher. Les sages n’ont pas cessé de voir la beauté du monde, mais parce qu’ils ne s’attachent plus, ils ont cessé de gâcher la beauté.

En vous souhaitant le meilleur,
Ajahn Munindo


PLEINE LUNE - Ne Pas Sortir - Vendredi 5 Juin 2020

On ne devrait pas être considéré comme digne de respect
par la naissance ou le milieu d’origine, ni par aucun signe extérieur;
c’est la pureté et la réalisation de la vérité
qui déterminent notre valeur.

Dhammapada v. 393

Nous attribuons facilement beaucoup de valeur aux apparences extérieures. Cependant, puisque notre expérience subjective de l’existence est intérieure - nous ne vivons pas dans le monde extérieur, nous vivons 'dedans' - l’accent devrait forcément être mis vers l’intérieur. En particulier maintenant que nous avons vécu sous des restrictions, nous savons quel défi ne pas être autorisés à sortir représente. Et si nous voyions ces sentiments de frustration comme l’expression de ces 'épanchements compulsifs' mentionnés par le Bouddha? Tant que notre cœur demeure inconscient des bénéfices de 'rester chez soi', notre attention se répandra négligemment vers l’extérieur, en suivant des vues, des sons, des odeurs, des saveurs et ainsi de suite ; à la poursuite de la poussière du monde. Lorsque nous suivons aveuglement les objets des sens, nous nous retrouvons avec de la poussière plein les yeux. Parce que les sages ont appris à rester chez eux, à demeurer en tant que conscience, ils voient le monde avec la clarté de la compréhension et la sensibilité de la compassion.

En vous souhaitant le meilleur,
Ajahn Munindo


PLEINE LUNE - En recherche de contentement - 6 mai 2020 - Vesakha Puja

Nuire aux êtres vivants
qui, comme nous, recherchent le contentement,
est porter atteinte à soi-même.

Dhammapada v. 131

Vivre de manière inoffensive est un concept plutôt évident si nous nous référons à notre manière d’être en rapport avec d’autres êtres vivants, mais qu’est-ce que cela signifie si nous tournons notre attention à l’intérieur ? Que signifie vivre de manière inoffensive lorsqu'il s'agit de tous ces 'êtres vivants' qui occupent nos mondes intérieurs ; quels rapports avons-nous avec eux ? Si nous nous sentons entravés par une mauvaise humeur ou, plus péniblement encore, complètement submergés par d’intenses émotions négatives, pouvons-nous accueillir ces 'êtres', vraiment les recevoir tels qu’ils sont, et ainsi les libérer ? Ou est-ce que nous les jugeons et nous luttons avec eux et ainsi aggravons la douleur? Tous les êtres désirent ardemment être libres, y compris ces êtres déplaisants, inopportuns, que nous avons gardés emprisonnés pendant si longtemps.

En vous souhaitant le meilleur,
Ajahn Munindo


PLEINE LUNE - Visions déformées - 7 Avril 2020


Visions déformées,
qui font voir ce qui est correct comme faux
et ce qui est faux comme correct,
causent les êtres à se désintégrer.

Dhammapada v. 318


La façon dont nous voyons les choses définit comme nous approchons ces choses. Si, par exemple, nous voyons comme agréable de se prélasser au soleil, alors nous pouvons passer des heures dehors à profiter de la chaleur. Cependant, une fois que nous prenons connaissance du risque accru de cancer de la peau causé par une exposition excessive aux mauvais types de rayons UV, nous sommes plus susceptibles de nous restreindre ; même si la pensée de s’allonger au soleil reste toujours attrayante. A un niveau plus subtil, si nous percevons qu’entretenir des pensées de ressentiment est enrichissant d’une certaine manière, nous sommes alors enclins à nous attacher à ces pensées. Si nous étudions l’enseignement de Bouddha sur la voie de la pleine conscience au point de voir comme être pris dans le ressentiment conduit à la confusion et la dépression, alors nous sommes enclins à lâcher une telle négativité. En lâchant prise, peut-être trouverons-nous un nouveau degré de contentement.


En vous souhaitant le meilleur, 

Ajahn Munindo